Mise au point sur l'IVG

Rappelons le cadre actuel de la loi, que tant de décisionnaires semblent ne pas connaître.
Elle garantit :

Nous sommes un collectif qui lutte contre la légalisation de l'euthanasie et du suicide assisté. C'est notre objectif, nous sommes contre l'euthanasie et pour des conditions de vie dignes, pour le soin et contre toutes les discriminations, en santé et ailleurs. Source : Vie-publique.fr

On ne parle pas de l'IVG car ce n'est pas notre sujet, pourtant, on nous interpelle souvent dans les commentaires en sous-entendant que si on est contre l'euthanasie, alors on est forcément contre l'IVG. Ce n’est pas le cas et une mise au point semble nécessaire pour éviter tout malentendu.

L'amalgame entre IVG et euthanasie vient de deux endroits.

Nous refusons que ces deux positions soient les seules à avoir voix au chapitre, car nous sommes de gauche et contre l'euthanasie, et que cette position est informée par des valeurs… de gauche. D'autres avant nous ont expliqué en quoi cette comparaison ne tient pas, des militantes antivalidistes comme Elisa Rojas ou Callirhoé, dont on reprend l’argument ici : les rapports de domination dans l'un et l'autre cas sont différents. [sgca](https://www.sgca.fr/medical-et-sante/sedation-palliative.html)

Dans le cas de l’IVG, il s’agit d’une loi féministe permettant aux femmes d’échapper à la double norme patriarcale de la disponibilité sexuelle et reproductive. La loi de 1975 qui légalise l'IVG poursuit l'esprit de la loi de 1967, qui autorise l'usage de la contraception : ensemble, elles ont permis aux femmes de choisir ou non de porter, accoucher et élever un enfant. Elles évitent que des hommes imposent la maternité aux femmes et sauvent la vie de celles qui avortaient clandestinement dans des conditions sanitaires dangereuses.

Actuellement, la loi Française prévoit un délai de 14 semaines pour avoir accès à l’IVG. D’un point de vue symbolique, ce fœtus peut être attendu, désiré, rêvé comme un enfant à naître… ou ne pas l’être. D’un point de vue légal, un fœtus à 14 semaines de grossesse n’est pas une personne individuelle et ne bénéficie pas des droits fondamentaux. Droits que l’on reconnaît théoriquement aux personnes âgées, malades, handicapées, toutes celles dont la loi Falorni pourrait autoriser le suicide assisté. Source : le Figaro

Dans le cas de l’euthanasie, la loi ne vise à sauver personne : elle vise à cesser de sauver certaines personnes. Certaines oui, certaines non (selon des « critères » qui font l’objet de tant de débats). C’est-à-dire que la loi Falorni instaurerait un tri entre les personnes. Certaines dont le pouvoir médical estimera que la vie ne vaut effectivement plus la peine d'être vécue pourront être supprimées à leur demande. Source : vie-publique.fr

Pour toutes les autres vies, on continuera de mettre en place des efforts de prévention contre le suicide, des moyens pour soigner, pour soutenir, etc. Ici, le rapport de pouvoir validiste est bien en place : on sauve coûte que coûte certaines vies, on cesse de sauver voire on achève certaines autres.

Refuser un avortement a pour conséquence qu'une personne soit forcée de vivre une grossesse, d'accoucher, et de porter la responsabilité de mettre au monde un enfant non-désiré, éventuellement de devoir l'élever.

Refuser une euthanasie, c'est refuser de supprimer la personne qui souffre, et, de façon indispensable, tout mettre en œuvre pour soulager sa douleur et sa souffrance. Mais ça, ça demande des moyens, que la classe dominante n'est pas prête à rendre accessibles pour toustes. Source : SGCA.fr

Nous vivons dans une société capitaliste, validiste, sexiste, raciste…, qui empêche certaines catégories de la population de vivre correctement, avec l'accompagnement et les soins dont elles auraient besoin. Dans ces conditions, la mort peut sembler la seule issue, mais ça n'en fait pas un choix libre et éclairé pour autant et ça ne signifie pas que la société doive répondre à cette demande de mort.