Madame la députée,
Monsieur le député,
Vous examinez actuellement le projet de loi sur l'aide à mourir, qui propose de légaliser l'accès à l'euthanasie et au suicide assisté.
Je souhaite attirer votre attention sur la dangerosité de cette éventuelle légalisation pour les citoyens et citoyennes les plus vulnérables de notre pays. Légaliser l’euthanasie n’oblige (a priori) personne à le faire, mais ça oblige tout le monde à l’envisager, particulièrement quand on ne voit plus d’issue, faute de moyens, faute de soutien.
La loi Claeys-Leonetti permet déjà de répondre à la souffrance des personnes en fin de vie, mais n'est pas appliquée de manière égalitaire en France, par manque de moyens. Nous ne voulons pas que les personnes en charge de nous soigner soient aussi celles qui prescrivent ou administrent la mort. Nous ne voulons pas supprimer les personnes qui souffrent mais du soin pour soulager leur souffrance ! Nous en avons la possibilité, avec des soins palliatifs de qualité.
D'ailleurs, l'article 5 de la proposition de loi stipule que le médecin qui recevra la demande d'aide à mourir doit informer la personne qu'elle peut bénéficier de soins palliatifs et doit s'assurer que ce soit effectivement le cas si c'est son choix. Actuellement, 50% de la population n'a pas accès aux soins palliatifs et notre système social et de santé est attaqué de toutes part. L'urgence est là !
Si la loi passe, faudra-t-il donc demander l'euthanasie pour avoir enfin accès à des soins adaptés ?
Nous devons permettre à chaque citoyen et citoyenne d'avoir accès à ses droits avant de leur permettre de "choisir" de mourir. Nous avons le devoir de donner les moyens à toutes et tous de vivre dignement, tout au long de la vie.
Nous voulons que les personnes qui sont à bout et trouvent le courage d’en parler ne reçoivent pas comme réponse "l’euthanasie est une possibilité". Nous voulons qu’elles sachent que contrairement à ce qu’elles peuvent parfois penser, elles ne sont pas un poids pour les autres, leurs proches, la société et que l’on se tient à leurs côtés, jusqu'au bout.
L'assurance qu'il y aura un cadre empêchant toutes dérives ne nous rassure pas, au contraire, cela sonne comme un déni de la réalité. Au Canada, des personnes malades et handies se tournent vers l'aide médicale à mourir, faute d'accès aux aides et aux soins dont elles ont besoin. 27% des canadiens pensent que la pauvreté seule pourrait être un critère d'accès à l'aide médicale à mourir !
Votez non à cette loi mortifère et contraire aux idéaux de solidarité et d'humanité qui guident la gauche.
Je vous remercie par avance pour votre attention à cette question cruciale et votre soutien,
Meilleures salutations,