Un rappel (nécessaire) de la loi actuelle (loi Claeys Leonetti)
Rappelons le cadre actuel de la loi, que tant de décisionnaires semblent ne pas connaître.
Elle garantit :
- le droit au soulagement de la douleur et à des soins palliatifs en fin de vie – ce n’est pas une réalité pour toustes aujourd’hui !
- le droit au refus de traitement
- l’interdiction de l’obstination déraisonnable
- la rédaction de directives anticipées
- l’accès à une sédation profonde et continue jusqu’au décès
La sédation profonde et l’euthanasie sont deux choses différentes. La sédation a pour intention de soulager les souffrances réfractaires en phase terminale. Elle est poursuivie jusqu’à l’évolution naturelle de la maladie.
L’euthanasie est l’administration intentionnelle d’une substance létale, pour répondre à une demande de mort. Elle provoque la mort.
En somme, nous avons toustes le droit de refuser ou arrêter un traitement, même s’il maintient ou sauve la vie.
Pour les personnes en fin de vie, la priorité est le soulagement de la douleur, y compris au risque de raccourcir la vie (principe du double effet). Et en cas de souffrances réfractaires, il est possible d’être plus ou moins sédaté, le palier le plus avancé étant la sédation profonde et continue jusqu’au décès.
Les partisans de l’euthanasie argumentent parfois à partir de leur expérience du décès d’un proche ayant souffert en fin de vie faute de soins adaptés. Ces situations sont inacceptables, source de détresse pour la personne et son entourage. Elles sont aussi évitables, si la loi actuelle était appliquée partout, pour toustes. Si tout le monde avait accès de manière égalitaire, adaptée, au soin, tout au long de la vie.
Provoquer la mort n’est pas un soin et constitue une rupture éthique gravissime.
Allons-nous laisser les préjugés validistes et la méconnaissance orienter les débats publics et décider de la loi ?
Interpellons massivement les parlementaires de gauche qui ne sont pour le moment pas à la hauteur de leur engagement et de leurs valeurs !